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日志


2007/8/4

Le fermier, le poney de berger carnivore et nous !

Il y a quelques semaines de celà, nous avions décidé de partir explorer la région de la Whanganui River (prononcer Fanganui), à environ 200 kms au nord-ouest de Wellington. N'ayant pas réservé de chambres à l'avance, nous appelons successivement tous les Bed and Breakfast que nous avions repérés dans nos guides... Rien à faire, tout est complet partout... Qu'à cela ne tienne, nous continuons notre route en nous disant qu'on verra bien sur place !

Petite pause-café dans une église transformée en café-magasindesouvenirs-restaurant. Super mignon, décoré et restauré avec goût, l'endroit est agréable. Ca sentait tellement bon dans la cuisine qu'on a craqué pour de solides petit-déjeuners à la kiwi avec oeufs, bacon, tomates et autres réserves d'énergie !

Entre Sanson et Bulls, sur la State Highway 3, nous faisons une deuxième halte pour visiter en vitesse le Musée de la NZRAF, l'armée de l'air du pays. Petit musée, mais intéressant; Yann et Jean-Louis étaient dans leur domaine !!!

En remontant plus loin vers le nord, nous arrivons à Wanganui (cette fois, on prononce Vanganui !), petite ville traversée par la Whanganui River qui se jette à cet endroit-là dans la mer de Tasman. La différence d'orthographe entre le nom de la ville et celui de la rivière vient certainement d'une erreur de traduction du maori en pakeha.

Après avoir grimpé une diabolique colline qui vous coupe les pattes, nous avons gravi les escaliers de la Memorial Tower, haute de 33 mètres. Celle-ci surplombe Wanganui et le panorama y est superbe.

En fin d'après-midi, nous nous sommes remis en route en quittant Wanganui par la route n°4, bifurquant dans les gorges de la Whanganui River. La nuit commençait à tomber, nous nous sommes donc mis à la recherche d'un endroit où dormir. Nous passons Parikino et Atene Pa. Malheureusement, le Bed and Breakfast qu'on avait sélectionné vers Koriniti Pa était vide; personne à la maison... On attend une demi-heure. Rien. En désespoir de cause, on décide de repartir vers la ville quand on rencontre sur le bord de la route un paysan.

Il nous dit que si on veut, il peut nous héberger à la bonne franquette dans sa ferme. La bonne aubaine ! Ce pays est vraiment béni ! C'est incroyable, ici, les gens vous accueillent sans se poser de questions. On s'installe donc à 5 dans le salon de la ferme de Kevin Marshal, sur des matelas ou directement sur le sol. Kevin met du bois dans la cheminée et nous demande si on sait faire la cuisine. La réponse étant "Oui !", il disparaît et revient quelques minutes plus tard avec la moitié d'un agneau. Kevin élève entre autres activités des moutons.

On rapporte de la voiture les quelques fruits et légumes achetés sur le bord de la route et tout le monde participe à la popote. On n'a jamais mangé d'agneau aussi bon que celui-là ! Kevin nous sort une glace de son congélateur, un petit café pour se réchauffer et hop! On s'enroule dans les duvets et les couvertures, alignés comme des sardines dans le salon, avec la douce chaleur du feu de bois. On était élégants, engoncés dans nos polaires et la tête sous le bonnet !

Au petit matin, pas de Kevin dans la maison. On explore donc la ferme et on admire le brouillard se lever sur la Whanganui River qui coule en contrebas de la ferme. Un peu plus tard, Kevin arrive avec son pick-up auquel est attelée une remorque remplie de moutons bien dodus. Il est accueilli par un de ses 6 ou 7 chiens et par un poney surgi de nulle part qui vient renifler les moutons qui sautent de la remorque! Quelle n'est pas notre surprise de voir le poney se comporter comme un chien de berger, forçant les moutons à aller dans un champ proche de la ferme. Il galope d'un côté, de l'autre, et pince de temps en temps l'arrière-train d'un mouton un peu plus lent que les autres... Kevin fait quelques aller-retours et débarque à chaque fois une vingtaine de pelotes de laine sur pattes que le poney mordille joyeusement. Il faut le voir pour le croire !

Le temps est malheureusement venu de nous séparer de Kevin et son poney de berger pour continuer notre route. On ne repart pas les mains vides... On a bien du mal à caser dans le 4x4 tout ce qu'il nous donne : un agneau, des oranges, des figues et tout un tas de bonnes choses à manger. Sans doute avait-il peur qu'on meure de faim en chemin !

On s'arrête 2 minutes plus tard pour visiter le Marae du village (maison commune où se rassemblent les Maoris) et l'église attenante au Marae. Là, on a l'occasion d'admirer l'architecture et les sculptures qui ornent les bâtiments.

Longeant la magnifique rivière sur une route tantôt bitumée, tantôt en gravier ou roulant sur des pistes parfois étroites et boueuses, nous traversons les villages de Matahiwi, Ranana,  Jerusalem (!) et London (!!); à Pipiriki, nous faisons une courte pause "chocolat chaud aux marshmallows" pour continuer sur Mangaeturoa et enfin reprendre la route n°4 vers le sud-est à la hauteur de Tohunga Junction. Sur cette portion, nous longeons le versant sud du Mont Ruapehu, volcan actif haut de 2797 mètres, situé au milieu du Tongariro National Park.

Sur le bord de la route, trois maoris nous font signe; on s'arrête, tout le monde débarque du 4x4 et nous voilà une fois de plus magnifiquement accueillis. Sans façon, on nous propose des steaks de cerf cuits au barbecue et des saucisses. La conversation s'engage avec ces éleveurs au coeur d'or. Ils nous proposent de revenir chez eux quand on voudra; ils se chargeront de nous emmener découvrir leur région en quad. Derrière le baraquement où nous nous trouvons, il y a le golf du coin, utilisé principalement par les fermiers des environs. Il y a des golfs partout dans ce pays et ça ne coûte rien. Ceux qui jouent ici ont des vestes de gauchos en cuir et des bottes de caoutchouc crottées, mais ils ont leur sac de clubs accroché à l'épaule !!!

De retour à Wellington, nous n'avons pas cessé de reparler du poney de berger carnivore fou et de la gentillesse de Kevin, notre hôte du week-end.